De l’importance du grand prix de Formule1 de Montréal
18 10 2008Le grand Prix de Formule1 a été annulé. Depuis la semaine dernière on en parle abondamment de toutes sortes de façons en confrontant le grand cirque avec nos valeurs. Les écologistes sont contre, les contribuables et les échaudés de la crise économique ne veulent pas que les gouvernements s’impliquent, les gauchistes vilipendent les riches privilégiés qui en profitent, etc. On perd de vue le plus grand avantage d’avoir un grand prix à Montréal, soit la réputation internationale de la ville et du Québec.
Voulons-nous que Montréal redevienne une bourgade anonyme quelque part au nord de l’Amérique-de-Nord comme avant les années 60? Notre métropole s’est gagné une réputation internationale grâce à trois événements, les Jeux olympiques de 1976, les grands prix de Formule1 et l’International de tennis. Ce sont, avec le soccer, les trois événements les plus couverts par les médias du monde entier. En 1967, l’Expo avait déjà amorcé le travail de promotion de Montréal, mais il faut relativiser, car cela n’a pas l’importance des sports de calibre mondial même si pour nous c’est un moment charnière. D’ailleurs, êtes-vous capable de dire où a eu lieu la dernière exposition universelle? Montréal est en fait beaucoup plus connu que le voudrait son importance objective sur la scène du monde. Il y a des dizaines de villes plus populeuses et plus riches en Europe et en Amérique-du-Nord qui n’ont pas cette réputation tout simplement parce qu’elles n’obtiennent pas une couverture médiatique aussi massive. C’est cela qu’apporte un grand prix. C’est beaucoup plus important que les 70 millions de retombées économiques une fois par année, car la reconnaissance mondiale a des effets à long terme qui rapportent beaucoup plus en tourisme, en échanges économiques, en levier politique, etc. Il faut avoir voyagé et fait des affaires sur la scène internationale pour mesurer à quel point la réputation de Montréal nous aide à sortir du lot dans la compétition qui nous confronte aux autres villes de taille moyenne du monde.
Il y a des arguments contre le grand prix que je ne suis pas capable d’entendre. À ceux qui se plaignent que les Formules 1 polluent, je réponds qu’une seule heure de pointe du matin génère plus de gaz à effets de serre qu’un week-end de course. À ceux qui ne veulent pas que les gouvernements injectent de l’argent dans l’événement, je réponds, coudon avez-vous coulé vos cours de math? Sortez vos calculatrices, si un grand prix rapporte 70 millions en retombées économiques, ça vaut la peine d’en investir 10 ou 20, c’est un bon placement non? À ceux qui disent que la course automobile est complètement dépassée et qu’il faut plutôt faire la promotion de valeurs plus humaines, je réponds que l’un n’empêche pas l’autre et que si la marche sportive était aussi populaire que la course automobile, je serais le premier à réclamer la création du grand Prix international de marche sportive de Montréal. Puis entre vous et moi, il faut bien pécher de temps en temps, que le corps vibre et que les oreilles nous pètent au son d’un gros moteur sans silencieux ni harnachement antipollution.
Cela dit, je me fous complètement de la Formule1. Je ne suis pas du tout un amateur de course automobile. Mais je tiens à Montréal et à tout ce que nous avons bâti depuis 40 ans pour en faire une ville qui rayonne dans le monde entier. C’est pour conserver cet acquis inestimable que le grand Prix de Montréal est important.
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